I have underestimated Stephane Dion for years. That's my mistake. I'm learning not to do it though.
I underestimated him when he ran for leader. Oops.
And he's doing something bold now. Chretien would have called us "nervous nellies." Trudeau would have asked "why can't we be bold?" Dion is much more eloquent. He's made a speech (reprinted as an op-ed in
La Presse) expressing his view and asking us to support his vision.
It's easy to underestimate an Opposition leader with a bold proposal. But I'm learning to not underestimate Stephane Dion.
I might also point out that many of the people who have been criticizing Dion's meek leadership style are the same one's who detract from his bold proposal here. Make up your mind, I say. Is he too bold or not bold enough? If you wanted more leadership, you've sure got it now - in spades.
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La Presse
Forum, samedi, 17 mai 2008, p. PLUS5
Opinion
Une taxe "verte"
Stéphane Dion rappelle la loi sur la clarté pour expliquer les fondements de sa taxe sur le carbone
Dion, Stéphane
Nous devons donner à notre pays un nouvel avantage concurrentiel. Pour ce faire, nous devons baisser les impôts sur ce que nous voulons renforcer: le revenu, l'innovation, l'épargne et l'investissement. Et nous devons déplacer cet effort fiscal vers ce que nous voulons réduire: la pollution, les gaz à effet de serre, le smog et le gaspillage. En prenant ces mesures, nous pourrons aussi venir en aide à notre classe moyenne et aider de nombreux Canadiens à sortir de la pauvreté, de manière à ce qu'ils puissent tous offrir leurs talents et leurs compétences au pays.
Notre pays, avec ses 33 millions d'habitants, fait face à des géants comme les États-Unis, l'Europe, le Japon, la Chine et l'Inde. Pour sortir du lot, dans l'économie mondiale, nous devons éliminer les obstacles à l'insertion sociale et économique et permettre à chaque Canadien de devenir un élément de notre réussite nationale.
Pour une économie plus dynamique et plus concurrentielle, il faut baisser les impôts; pour devenir des leaders mondiaux en matière d'environnement, il faut assigner un coût à la pollution; pour bâtir une société plus unie et plus rassembleuse, il faut réduire la pauvreté. Voilà qui va demander de l'imagination et un grand sens du leadership. Je n'hésiterai pas une seconde à mettre ces qualités au service de mon pays, le Canada, comme je l'ai déjà fait dans le passé.
Sous le gouvernement de Jean Chrétien, j'ai mis de la clarté dans le débat sur l'unité nationale et je me suis battu pour l'unité du Canada. Rappelez-vous combien de personnes disaient à cette époque: "Ne faites pas ça, c'est trop risqué, personne ne comprendra." Ils disaient que c'était bon en théorie, mais pas sur le plan politique.
Je savais que les Canadiens, y compris mes concitoyens québécois, préféraient la clarté à la confusion. Je ne pensais pas que c'était risqué, parce que je savais que les citoyens comprendraient tout le bien qui découlerait de notre décision, de notre action commune. Mais surtout, je croyais fermement, et je croirai toujours, qu'une bonne politique publique, ça doit faire une politique gagnante. C'est justement pour ça que je me suis lancé en politique, et c'est pourquoi je veux diriger ce pays.
Je suis entré en politique pour aider le Canada à rester uni et, aujourd'hui, je veux être premier ministre pour aider ce Canada uni à devenir plus prospère, plus juste et plus vert. Ma démarche n'a pas changé, et elle ne changera pas: une bonne politique publique, ça doit faire une politique gagnante. Les Canadiens ne méritent pas moins.
À propos de clarté justement, ma position est on ne peut plus limpide: il faut faire payer les pollueurs et remettre tout cet argent dans les poches des Canadiens grâce à de bonnes réductions d'impôts judicieuses. Les pollueurs paieront, les Canadiens profiteront.
Je suis sûr que beaucoup trop de membres des hautes sphères politiques sous-estiment les Canadiens. Lorsqu'on s'adresse à l'esprit et au grand coeur de nos remarquables citoyens, les bonnes orientations, les bonnes politiques publiques, sont reconnues comme des politiques gagnantes.
En fait, quand il s'agit de savoir ce qu'il faut faire pour faire progresser notre pays, les Canadiens ont, le plus souvent, une longueur d'avance sur les politiciens.
Les conservateurs vont tenter de troubler les Canadiens, de les induire en erreur, de leur faire peur. Ils ont déjà commencé. Mais pour reprendre l'expression de Pierre Elliott Trudeau: les libéraux et moi-même allons parler aux gens du pays, plus haut et plus fort que Stephen Harper et ses conservateurs, parce que ma politique, ce n'est pas la politique de la peur, c'est la politique de l'espoir.
L'auteur est chef de l'opposition officielle à la Chambre des communes. Ce texte est extrait d'un discours qu'il a prononcé jeudi dernier devant le Canadian Club de Toronto.